jeudi 1 mars 2012

Nos Imagineurs

L'Imagineuse que je vous propose de découvrir en partie grâce à cette interview baigne dans l'écriture depuis sa plus tendre enfance. Que voulez-vous, à cinq ans, nombre des préjugés et idées reçues ne sont pas encore germées. Pas de mauvaises herbes pour étrangler votre imagination, personne pour vous dire "Ma pauvre fille ! Tu divagues !". Et si le spectre de l'école commence à presser son poids écrasant sur votre ciboulot, l'innocence et la malice restent vos alliés pour un temps précieux quoi que déjà condamné. Alors imaginez un peu ! Un être très jeune qui s'essaie à l'écriture pour donner une forme réelle à ses rêves, balbutiant avec un stylo bic... quel formidable potentiel ! Lequel va ensuite grandir en même temps que cette personne, refusant de se taire ou de sombrer dans l'oubli avec le temps et l'éducation. Issue de l'âge tendre et précieux, l'écriture de notre invitée promet bien des merveilles. Et elle accepte de partager avec nous un peu de son expérience, ses points de vue, son parcours de conteuse qui s'est déclaré si tôt et perdure malgré ce fumeux qu-en-dira-t-on ( pour notre plus grand bonheur, on dirait bien qu'il a perdu la bataille d'en faire une personne banale et silencieuse, celui-là !).
Accueillons donc Béatrix !

1) Depuis combien de temps écris-tu ?

J’ai écrit mon premier texte de « fiction » à cinq ans, mais j’ai vraiment commencé à m’y mettre « sérieusement » il y a environ 25 ans, à l’âge de treize ou quatorze ans, quand j’ai commencé à lire essentiellement de la science-fiction et de la fantasy. Mais malgré des dizaines de projets de romans, de sagas même, j’allais rarement au delà de quelques chapitres… Je ne suis vraiment passée à la vitesse supérieure qu’il y a deux ans, en me lançant dans la web-publication.


2) Depuis quand publies-tu tes écrits sur le Net ?

Depuis décembre 2009 exactement. J’ai découvert par hasard, en cherchant des fanfictions basées sur Galactica 1978, un site de webséries en anglais (même si j’ignorais comment ça s’appelait…) et j’ai trouvé l’idée sympathique. Je me suis donc lancée dans la publication de Paradis XXIV, une websérie de science-fiction, sur un site personnel créé à cet effet. Puis je suis entrée aux Werewolf Studios en tant qu'auteur au printemps 2010 et j'ai commencé à publier sur PA en avril 2011.


3) A qui s'adressent tes Fictions ? Pour qui les écris-tu ?

A tous ceux qui ont envie de les lire… ? J’aime assez me voir comme une conteuse. Je ne pense pas viser de public spécifique, même s’il s’agit de littérature de genre (fantasy, science-fiction, fantastique…). L’Héritage de l’Exploreur pourrait sans doute convenir à un public adolescent et j’aimerais que mes enfants prenne un jour plaisir à le lire ! Je ne nie pas non plus écrire aussi pour moi, parce que j’y prends plaisir et que cela me permet de délester ma tête de quelques uns des univers qui la peuplent !


4) Es-tu du genre à voir les scènes dans ta tête comme un film, un rêve, une BD, un manga ?

Sans cesse ! Les mots ont énormément d’importance, mais j’ai un grand besoin de visualiser ce que j’imagine, et de faire partager ces images à mes lecteurs. Instinctivement, je les conçois plus comme des images de film, mais cela peut arriver ponctuellement que j’essaie d’imaginer une scène en BD ou en manga – mais c’est en général un choix délibéré.


5) Quelle est la chose la plus difficile à faire pour toi ? Des scènes de descriptions ou d'action, de longs monologues, démarrer ou achever tes romans ?

Achever ! Je n’ai jamais achevé de récits au format « roman ». Ces deux dernières années, j’ai appris à maîtriser les formats courts – il me reste à apprivoiser les formats longs !
Pour le reste, la description est pour moi un exercice facile et extrêmement plaisant, le monologue et les introspections ne me posent pas de problèmes. J’ai plus de mal avec les scènes d’actions, car elles sont difficile à rendre claires et fluides, et je suis souvent paralysée par mon soucis d’exactitude et de crédibilité.

6) Dans l'Héritage de l'Exploreur, tu dépeins un univers inconnu, une civilisation sur le déclin, et une technologie propre à l'histoire avec des mots techniques parfois inventés. Tout est là pour nous immerger dans ton monde... D'où tout cela t'est-il venu ?

Je me suis prise d’amour pour le Steampunk (ce genre basé sur un XIXe siècle alternatif avec une technologie à la Jules Verne). Je souhaitais écrire dans ce type d’univers dont j’adore l’ambiance et l’esthétique, à la croisée des mondes entre le roman historique, la science-fiction rétro-futuriste et le fantastique. Je suis plus à l’aise dans les univers secondaires (c'est-à-dire, en bref, les mondes qui ne sont pas le nôtre) : l’Héritage ne se déroule pas sur la bonne vieille terre que nous connaissons, mais dans un monde un peu surnaturel.

7) Toujours dans l'Héritage on découvre, à travers les yeux d'une poignée de personnages indépendants, la cité Silberleut et ses habitants, ainsi que des mots étranges totalement inventés : les Graus, les Fochebels, le Nebel... Tout est entièrement déductible du contexte et pourtant tu juges nécessaire de les définir en fin de chapitre. Pourquoi ce choix ?

Quand j’ai publié Paradis XXIV, la première critique un peu « dure » que j’ai eue concernait les mots inventés qui traînaient un peu partout. Les autres lecteurs, plus habitués à lire de la SF, les déduisaient aisément mais cette lectrice avait du mal à les assimiler. J’ai choisi d’assortir chaque chapitre d’un index des nouveaux mots rencontrés. J’ai appliqué le même usage à l’Héritage. C’est bien pratique même pour moi aussi, car il m’est plus facile de garder le fils des termes que j’invente, à partir de mot allemands, anglais et français déformés.

8) Destines-tu ce roman à l'édition ou restera-t-il uniquement sur Werewolf Studio et Plume d'Argent ?

En général, je ne pense pas vraiment à l’édition. Je ne suis même pas sûre de terminer, même si les grandes lignes de l’histoire existent dans ma tête et que j’espère pouvoir arriver au bout !
Mes fictions ne sont pas de celles qui attirent aisément le public ou qui rentrent dans un créneau populaire. Je n'ai pas envie de faire une collection de lettres de refus de la part des maisons d'édition à qui je proposerais mes œuvres. Pour moi l'écriture doit rester un plaisir. Par contre, qui sait... si un éditeur vient à moi...


9) Question de Fan : La petite Framke a-t-elle un don d'Handesel ou est-elle une gamine ordinaire ( malgré son caractère bouillonnant et son tempérament lumineux!)

Ce n’est pas un secret : Framke ne possède aucun des dons d’Handesel. C’est une gamine « normale » mais comme tu l’as bien exprimé, elle est forte, volontaire et c’est une survivante ! Qui a besoin de dons avec un tel tempérament ?

10) Question de Fan : Le beau et arrogant Nigel Deepriver arrivera-t-il à dévergonder la belle et frigide Cornelli Braubrunnen ?

Ahem... Encore faudrait-il que Nigel soit capable de dévergonder qui que ce soit : les apparences ne reflètent pas forcément la réalité. Nigel est-il si arrogant, Cornelle est-elle si froide ? Le chapitre suivant devrait être assez révélateur sur cet aspect des choses. Je pense que tout au moins, Nigel pourrait l'amener à s'ouvrir un peu ; d'autant que pour Cornelli, il fait partie des personnes « socialement convenables ».

Ici s'achève l'interview, mais les mots continueront de filer à travers les écrits de notre invitée. N'hésitez pas à lire ses œuvres sur Plume d'Argent ou Werewolf Studios si le cœur vous en dit ! Je te remercie tout particulièrement, Béatrix, d'avoir participé à ce numéro PAen. Je profite d'ailleurs de l'occasion pour vous annoncer que ma prochaine interview sera la dernière. Dialoguer avec les Plumes d'un numéro à un autre est une expérience d'échange et de partage très intéressante, humaine et enrichissante à tout point de vue. J'ai pris énormément de plaisir à découvrir et questionner chacun de ceux qui ont été interviewés auparavant. J'espère que celui ou celle qui me remplacera aura l'occasion de s'amuser autant sinon plus que moi-même.

Enjoy !

Secretspleen

2 commentaires:

  1. Beatrix, je t'avais déjà dans le colimateur, mais avec cette interview, c'est sûr, un jour tu verras un de mes commentaires sur une de tes histoires. Hélas, je crains de n'en lire la fin, tu dis que tu as du mal à terminer tes histoires longues, mais tant pis. Ma curiosité est attisée.

    Bravo aussi à toi, Spilou. Tu sais toujours trouver des talents et nous les faire partager avec brio.

    Vef'

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  2. Chouette découverte, mais tu as toujours une vision aussi pessimiste de l'école.
    Jules ferry doit se retourner dans sa tombe. lol

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